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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:47

Dans une récente étude sur les très hauts salaires, l’Insee souligne le décalage croissant entre une minorité 
de salariés du secteur privé (1 % de l’ensemble des salariés à temps complet), dirigeants d’entreprise surtout, percevant en moyenne 
un salaire annuel de 2 156 000 euros, 
et le reste de la communauté salariée.

Avec la crise, ce décalage s’est probable­ment accru. Il faut en effet mesurer l’am­pleur 
des dégâts en ce domaine. 2009 a été le théâtre d’une baisse historique. Pour la première fois depuis 1949, la masse salariale des entreprises non financières a reculé de 1,5 %.

Trois facteurs expliquent cet effondre­ment. 
La chute de l’emploi, en premier lieu. 
Les effectifs salariés ont diminué de 2,4 %, subissant une perte sèche de 43 200 postes. Une note de la Banque de France remarque que l’ajustement « s’est essen­tiellement opéré via une réduction des effectifs temporaires et permanents, et dans une moindre mesure via les éléments variables de rémunération ». Le salaire de base a progressé moins vite qu’en 2008 (+ 1,9 %, contre + 3 % en 2008), de plus le nombre d’heures supplémentaires a diminué de 7 % 
sur l’année. Par ailleurs, les différentes formes de rémunération variable (primes, intéressement et partici­pation) ont subi des coupes claires.

À ces éléments conjoncturels s’ajoutent deux facteurs structurels. Le premier est lié aux politiques à l’égard des bas salaires conduites par les gouvernements succès­sifs, qu’ils aient été dirigés par la droite ou par le Parti socialiste. 
Sous prétexte de favoriser l’emploi des travailleurs au bas de l’échelle des salaires, des exonérations de grande ampleur des charges sociales ont été réalisées. Si le nombre 
de smi­cards dans le secteur marchand était de l’ordre de 8 ou 9 % au début des années quatre-vingt-dix, il oscille entre 13 et 16 % depuis 1997.

Pour profiter de l’aubaine, 
les directions d’entreprise ont privilégié 
le développe­ment des emplois autour du salaire mini­mum. Cela a eu pour effet de tirer 
toute l’échelle vers le bas.

Il est un autre facteur important et pour­tant peu souvent évoqué : c’est la politi­que de l’Union européenne visant à main­tenir un euro 
au taux de change élevé par rapport au dollar. Pour attirer les capitaux vers les places financières du continent, des politiques 
de baisse des coûts sala­riaux et de réduction des dépenses publi­ques ont été mises 
en œuvre un peu tout. C’est là l’une des racines de la crise actuelle qui secoue l’Europe. Pour satisfaire les marchés financiers, on veut écraser encore plus l’emploi, les salaires et les dépenses sociales des États.

Et pas seulement en Grèce, au Portugal ou en Espagne…

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  • : Le blog de crsfontenaylecomte.over-blog.com
  • : Le Collectif de Résistance Sociale de Fontenay-le-Comte (ville du Sud Vendée) est né du mouvement social de mai 2003. D'abord comité de grève, issu des A.G de grévistes du public, il s'est élargi en direction du secteur privé, puis de manière générale à tous les citoyens engagés dans une démarche de progrès social et politique. A la fin du mouvement de mai 2003, il prend le nom de Collectif de Résistance Sociale, car nous sommes en Résistance contre le néo-libéralisme !
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