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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:57

 

Après la visite de M. le vice- président de la région Pays de Loire chargé des transports, observations sur

La mise à niveau des infrastructures et des systèmes de transport et développement du Sud-Vendée.

 

Le Sud-Vendée est à la fois victime d'un découpage territorial(département et région) ancien et obsolète et de la multiplicité des acteurs(1), synonyme de morcellement des compétences aggravé par la divergence des stratégies.

Force est de constater que la totale impossibilité de coordonner les financements conduit aux blocages dont le Sud-Vendée est victime, encore pour longtemps semble-t-il...

Les exemples emblématiques ne manquent pas

  • Impossibilité de financer la réfection de la voie ferrée Fontenay-Niort. Seul Fontenay la souhaite, le Conseil régional PdeL aussi mais dans des limites financières strictes et intangibles. Le Conseil général 79 et le Conseil régional Poitou-Charente n'y voient aucun intérêt, pour eux évidemment.

  • Réseau Ferré de France n'envisage pas encore la modernisation de la voie ferrée La Roche-s-Y-La Rochelle (une section limitée à 40 km/h !).La région P.de.L y finance des rames modernes et la SNCF y supprime unilatéralement des trains et des arrêts...

  • Difficultés pour coordonner les liaisons Fontenay-Niort par bus avec les transports urbains de cette agglomération.

  • La SNCF et RFF conditionnent toute intervention nouvelle à une étude de marché qui par définition subordonne l'offre à la demande , logique de marché donc , suivi en cela par la région Pays-de-Loire au nom d'une bonne gestion des deniers publics... Parmi tous les cas celui d'un arrêt des trains à Veluire, coordonné avec une liaison par bus avec Fontenay.

  • L'autoroute FleC-Rochefort ne se fait pas car l'Etat ne veut pas participer au surcoût de la traversée du Marais poitevin contrairement aux départements et régions.

 

Les acteurs du « territoire » Sud-Vendée, en l'espèce les élus ont-ils su fédérer les énergies pour définir une stratégie de développement qui comprend toujours la mise en place d’infrastructures et de systèmes de transport de bon niveau pour le présent et pour l'avenir ?

Si on considère que la dynamique et la cohérence d'un territoire repose essentiellement sur la volonté des hommes qui y vivent et au premier chef de leurs élus, on mesure le chemin à parcourir pour fédérer autour d'une définition claire de l'espace ( ou des espaces?) du Sud-Vendée et des objectifs à atteindre.

  • On constate avec quelques puissantes raisons que le Conseil général85 s'est beaucoup désintéressé du Sud-Vendée jusqu'à présent. Les mauvaises langues disent même qu' « il » pense que la Vendée s'arrête au sud d'une ligne Luçon-Ste-Hermine... Grosso modo.

  • Un constat de départ plus déterminant s'impose : Fontenay-le-Comte est une petite ville dont le rôle essentiel est d'être un relais pour les espaces ruraux dans un rayon de 15 + ou –5km. Certains des ses services (Pôle hospitalier avec sa maternité entre autres) desservent cependant un territoire plus étendu.

  • Dans ces conditions Fontenay le Comte peut-il être un pôle de développement autonome pour tout ou partie du Sud-Vendée? Dans l'affirmative il n'a besoin que de liaisons rapides avec les métropoles régionales Nantes et Poitiers. C'est fait par autoroute ; restent les liaisons ferroviaires dont on peut penser qu'elles seront essentielles dans l'avenir pour le transport collectif des personnes et de certains produits agricoles bruts.

    Si la stratégie de l'autonomie est jugée illusoire, il faut alors y ajouter l'intégration forte à un réseau de villes dans un rayon de 3O à 50 km. Dans ce cas des liaisons rapides avec Ste Hermine vers La Roche-sur-Y, Luçon, Niort, La Rochelle sont urgentes. Les connexions ferroviaires y ont un rôle important notamment pour le transport collectif vers Niort. Les infrastructures routières paraissent assez inadaptées en l'état avec la faiblesse des sections à 2x2 voies, avec la multiplication des ronds-points et les traversées de bourgs. Aucun des quatre axes à partir de FleC n' échappe à ces handicaps cumulés.

    Si cette stratégie renforce les concurrences elle permet aussi de faire jouer ses atouts dans le cadre des complémentarités ; des choix d'axes prioritaires s'imposent évidemment : doit-on se tourner vers La Rochelle et Niort ou vers la Roche-sur-Yon et Nantes ?

 

Le Sud-Vendée est devenu un espace en marge.

La stratégie actuelle du Conseil régional des PdeL en matière d'aménagement du territoire donc d'infrastructures et systèmes de transport prend-elle vraiment en compte les urgences du Sud-Vendée ?

  • Cette stratégie paraît dominée par la volonté de renforcer la cohérence du territoire régional autour de la métropole nantaise et d'un réseau de villes(Rennes, Angers plus des villes moyennes) en y ajoutant sa fonction de tête de pont transatlantique et ses fortes liaisons avec notre métropole mondiale(Paris). On sait que notre conseil régional a «mis le paquet» pour de nombreuses réalisations liées à la métropole régionale Un seul exemple : la réalisation en une seule tranche du tram-train vers Chateaubriant ; les motifs de l'urgence ont été dans ce cas évidents.

  • Les motifs de l'urgence dans le Sud-Vendée le sont tout autant. Or ce même conseil régional se réfugie derrière les défaillances des autres intervenants ou les études de la demande, forcément toujours trop faible et/ou incertaine chez nous, pour suspendre ses interventions. C'est nous dire « on ne peut rien pour vous, c'est trop cher, débrouillez-vous avec vos difficultés !».

  • Une politique volontariste de l'offre de transport ne vise pas la rentabilité financière même à moyen terme ; elle est un des supports des implantations et du développement des entreprises et de la mobilité des hommes. Cette politique est appliquée dans la région nantaise et sa zone d'influence, pourquoi pas dans le Sud-Vendée ? Les bénéfices économiques et sociaux(2) seraient à coup sûr assez vite positifs. Mais ce calcul de la rentabilité à moyen ou long terme n'a plus cours semble-t-il au palais régional...

  • A leur décharge nos conseillers régionaux peuvent à juste titre dire que l’État et les autres collectivités publiques ont des responsabilités largement aussi lourdes sans compter RFF et la SNCF . Aucun ne s'engage vraiment. C'est sans doute une illusion de compter sur un engagement politique et financier total de notre Conseil régional.

 

Dans ces conditions le Sud-Vendée est bien un espace en marge(3). Compte tenu de sa population donc de son poids électoral il y a urgence pour lui de se fédérer pour faire aboutir ses exigences légitimes en matière de transport.

 

  1. État, conseils régionaux et généraux, Réseau Ferré de France, SNCF, dans certains cas communauté urbaine ou municipalité. Associations de citoyens quand elles sont consultées...
  2. Les nombreuses personnes allant travailler sur Niort en auto et les usagers du CMFP s'apercevraient rapidement du gain de temps et du moindre coût de transport par une liaison ferroviaire directe bien coordonnée avec les transports urbains.
  3. On ne peut dire pour l'instant espace « ignoré » puis « abandonné ».

 

 

JM Holiet, participant au CRS de FleC .

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