Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 08:57

Communiqué de Presse

L’intersyndicale de Fontenay-le-Comte, pour qui la solidarité n’est pas un vain mot, a décidé le 5 octobre 2011 de verser 1000€ en solidarité financière. Cette somme sera portée par une délégation le mercredi 18 octobre aux travailleurs de la fonderie aluminium appartenant au groupe Montupet. Le donneur d’ordre est Renault, qui avait externalisé cette activité il y a 18 mois, en assurant aux salariés et à leurs organisations syndicales le maintien du salaire et tous les acquis. Le groupe Montupet 18 mois après exige une baisse des salaires de 25% en menaçant de ne plus alimenter l’usine en charge de travail.

Ce même groupe pour faire plier les salariés en grève depuis le 2 septembre 2011, a décidé d’engager une procédure de redressement judiciaire devant le tribunal de Commerce. Alors que les 6 premiers mois de l’année 2011 font apparaître une augmentation de 30% de son chiffre d’affaire et de 23% de son résultat financier.

Pour l’intersyndicale fontenaysienne, c’est inacceptable. Si cela passait, cela encouragerait tous les patrons de l’hexagone à exiger une baisse de salaire pour leurs salariés.

Par ailleurs l’Union des Syndicats des Travailleurs de la Métallurgie de Vendée a déjà envoyé 100€. Le syndicat CGT SKF nous a demandé d’apporter sa contribution de 100€ également. La solidarité financière n’est certes pas suffisante, c’est pourquoi la fédération CGT de la Métallurgie appelle à se rassembler devant la Mairie de Châtellerault pour manifester à travers la ville.

Par chayssac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 08:26

 

Refonder l’esprit syndical

 

Si nous entendons par syndicalisme, la volonté de transformation sociale et politique -projet porté par les anarcho-syndicalistes au sein de la cgt d’avant le congrès de Tours-, qui a irradié le syndicalisme digne de ce nom jusqu’à nos jours, il semble qu’il faille parfois replonger dans l’histoire pour nous projeter dans notre avenir :

La Charte d’Amiens, par exemple, en 1906, parlait de « lutte de classe », « d’exploitation » ; elle indiquait que le syndicat avait pour finalité certes d’améliorer la condition des salariés, mais qu’il devait aussi conduire à « l’émancipation intégrale », à « l’expropriation capitaliste »… Par les temps qui courent où certaines officines confédérales ont tendance à oublier les textes fondateurs, ce petit rappel inaugural ne semble pas de trop…

Que l’on me permette ici de souligner que cette même charte « préconise  comme moyen d’action la grève générale »…Mais j’y reviendrai plus tard…

Je voudrais insister ici sur un point que la charte mentionne donc et qui sous-tend tout le syndicalisme : le syndicat doit viser à l’installation d’une société où les moyens de production et de répartition soient entre les mains des salariés.

Pendant longtemps, les syndicats ont été ainsi des « groupes de résistance » qui ont, notamment par l’intermédiaire des Bourses du Travail (idée de Fernand Pelloutier, anarcho-syndicaliste) proposé des contre-modèles sociaux et éducatifs… Le mouvement syndicaliste a ainsi dessiné les formes d’une culture ouvrière, d’une sociabilité des salariés…C’est vrai pour la France, mais aussi pour une grande partie de l’Europe.

Le point d’orgue de cette puissance syndicale a été marqué bien sûr par 1936 (je n’oublie pas non plus 1968) et ses grandes lois d’émancipation sociale acquises par la grève générale,  qui a forcé le patronat à l’acceptation des revendications portées par le Front populaire…

Oui, hier, comme aujourd’hui, pas de victoire sociale sans grève générale, n’en déplaise à certains caciques bien installés dans leurs bureaux parisiens et habitués de certaines garden parties… Certes, on n’appuie pas sur un bouton pour la déclencher, mais on la désire, on y appelle…

Ceci dit, il m’apparaît que l’autre phénomène essentiel qui explique la désagrégation du syndicalisme et la fragilisation du mouvement social (en dehors des effets délétères de l’individualisme crée par la « dissociété » contemporaine), c’est l’oubli de ce pouvoir « modélisateur » que doit avoir le syndicalisme : je veux dire non seulement par cela que les syndicats ne sont plus autant des vecteurs de formation générale et professionnelle ou syndicale qu’ils ne l’ont été (de même que le parti communiste a pu l’être à une certaine époque), mais que le syndicalisme, pour parler naïvement, ne fait plus « rêver », et en même temps n’installe pas de rêve dans le réel Pour m’expliquer mieux, les sociétés de secours mutuel, les bourses du travail, ont été les embryons de nombreuses réalités instillées par la suite dans la réalité sociale : mutuelles, caisses de retraites, par exemple…

Je crois  qu’il faut ainsi revenir à nos racines syndicales, nous souvenir que nous avons pour vouloir celui de changer la société : cela passe par nos luttes, par notre travail syndical, mais aussi par le fait de proposer concrètement aux salariés un autre mode de production, de vie…  Je crois qu’il est temps que le syndicalisme en lien avec les aspirations des salariés et de l’ensemble des citoyens qui souhaitent que l’on produise selon des normes écologiques et sociales, participe concrètement, par exemple, au travers de coopératives de salariés, à la création « d’ entreprises » agricoles ou « commerciales » : cela en lien avec le monde paysan, avec les collectifs, avec les Amap,…

Car lutter contre l’exploitation, c’est aussi proposer un contre-modèle qui montre aux salariés qu’un autre monde est possible, que l’on peut se réapproprier ce que la propriété industrielle et capitalistique a confisqué… On donne ainsi tout son sens à la production biologique, par exemple,  qui n’a pas pour but d’être consommée par ceux qui le peuvent financièrement, qui ne doit pas être découplée d’interrogations sur les modes de production (qu’ils soient sociaux ou liés aux transports, par exemple)… On élabore dans l’action syndicale, dans le réel, la finalité du projet d’émancipation.

L’esprit des bourses du travail,  revivifié depuis deux décennies par Attac (désir de réflexion citoyenne, de formations, de débat), et dont le Collectif de Résistance Sociale de Fontenay-le-Comte est aussi un bien modeste exemple (par le croisement du syndical et du politique, par l’organisation de débats citoyens), qui anime encore certains syndicats, ne devrait-il donc pas être revisité, renouvelé ?

Associer les salariés dans la création d’essaims de production et de consommation, n’est-ce pas là le moyen de redonner au mouvement syndical et social toute sa force et son sens ?

 

François Poupet, membre du Collectif de Résistance Sociale de Fontenay-le-Comte, syndicaliste Sud-Education, initiateur de l’appel des 200 en Vendée.

Par chayssac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 09:32

La crise …la crise…la crise !

 

Par Michel Mengneau

 

« Toute bulle spéculative finit inévitablement par éclater en menaçant le système bancaire de faillite et l’économie réelle de banqueroutes en chaîne – à moins qu’une bulle plus grande encore ne puisse être gonflée à temps. » Propos d’André Gorz, extrait de « Penser l’exode du travail et de la marchandise », paragraphe : la crise.

 

Certes, on peut penser alors que les éclatements successifs des bulles spéculatives conduiront vers l’autodestruction du capitalisme. On peut donc supposer que les crises actuelles sont les prémices de l’éclatement du système. Crises appelées d’ailleurs systémiques pour les différencier des crises voulues, car là est la question : s’agit-il d’une déstructuration incontrôlable du système ou d’une restructuration voulue à l’échelon planétaire ?

 

Beaucoup ont tendance à penser qu’il s’agit bien d’une crise du système, mal contrôlée, que l’on essaierait de maîtriser en faisant payer le lampiste des pays développés. Ce raisonnement peut paraître évident mais il lui manque une donnée, la « finitude » de la terre.

 

Incontestablement les capitalistes savent que malgré des recherches incessantes en énergies nouvelles (comme le gaz de schiste dont on estime d’ailleurs les réserves autour d’une cinquantaine d’années), en matières premières, en technologies de substitutions, on ne pourra pas éternellement développer les productions pour l’hyperconsommation sur toute la terre, celle-ci est un produit fini et ses ressources ne sont pas expansives. Le pic pétrolier, maintenant passé, est là pour nous rappeler à l’ordre, ce qui se confirmera par une augmentation constante du prix du pétrole dans les années à venir, nous avons aussi comme exemple la guerre du cuivre qui est l’annonce de la raréfaction de cette matière première, etc. Ne rêvons pas trop dans le recyclage qui si l’on surconsomme, et avec une augmentation importante de la population mondiale, ne sera qu’un palliatif momentané car en plus on ne peut pas recycler indéfiniment certaines matières.

 

Compte tenu de cette donnée incontournable en un premier temps est lancée la fumeuse croissance verte dans laquelle ont plongé à pieds joints les bobos et gogos de toutes sortes qui se gargarisent de trouver du bio à toutes les sauces. Ce leurre écologique consumériste est une arnaque et, qui plus, est un danger pour l’équilibre alimentaire de la planète, les agro-carburants (faussement appelés bios) liés à l’agriculture intensive en sont le meilleur exemple. N’oublions pas non plus que ces méthodes culturales à grandes échelles sont tout à fait nocives pour la préservation de la biodiversité (déforestations, arrosage intempestifs, et surtout l’ouverture du marché des céréales à la spéculation).

 

En parallèle est faite une recherche accélérée dans les techno-sciences pour des seuls buts mercantiles afin de permettre un consumérisme débridé à partir d’éléments non naturels, ou d’éléments naturels modifiés comme les OGM, ou tout simplement les nanoparticules, prétendues avancées scientifiques dont on ne connaît nullement les retombées pour la santé de l’humain. Seulement, voilà, ces recherches, la mise en œuvre de la  croissance verte prennent du temps, alors que l’épuisement des ressources s’accélère puisque qu’en 2010 la consommation du pétrole a été la plus forte jamais enregistrée.

 

Donc, pour éviter d’arriver trop vite à la pénurie qui serait alors une véritable catastrophe pour le capital qui ne pourrait alors faire que des profits moindres, on tente de maîtriser le potentiel terrestre en freinant la croissance des pays développés on les amène de façon délibérée vers la récession permettant ainsi une croissance des pays en voie de développement où le capital y trouve plus de rentabilité. Il s’agit bien de prospective quand on voit la fondation à Rockfeller stocker des graines, ce n’est pas par philanthropie mais dans le but de préparer de nouveaux marchés en régénérant un marché épuisé, la gestion des ressources fait donc partie des préoccupations des capitalistes contrairement à ce que l’on aurait tendance à croire.

 

Tout en maitrisant un épuisement trop rapide du patrimoine terrestre cela a aussi plusieurs autres avantages pour les capitalistes spéculateurs.

 

D’abord d’augmenter les bénéfices en se tournant vers des pays ou les salaires sont moins élevés et où les avantages sociaux n’existent que très peu, ce qui va permettre des gains de productivité importants dans des conditions souvent esclavagistes, par conséquent, profit maximum pour les actionnaires.

 

Ensuite, comme les pays développés ont vécu au-dessus de leurs moyens en favorisant le crédit pour surconsommer, en freinant la croissance on va les obliger, par des mesures drastiques, à éponger cette dette qui commençait à inquiéter la haute finance. Comme on a déplacé, favorisé la croissance vers les pays émergeants pour les raisons que nous venons d’évoquer, dans les pays développés on va volontairement créer du chômage de masse pour finir de faire tomber tout les acquits sociaux ; car même si l’on baisse la consommation les capitalistes souhaiteront quand même faire des profits, ce qu’il feront sur la variable d’ajustement qu’est le travail. Il faut s’attendre à plus de flexibilité, des emplois précaires sous payés et à un panel de mesures antisociales que permettra la peur du manque emploi.

 

Comme la terre est un produit fini, il est évident que nous devons la ménager. Nous devons décroitre, cela sera incontournable rapidement, mais dans quelles conditions ?

 

Une récession voulue par les capitalistes ne résout aucun problème puisqu’elle augmente les inégalités au sein des pays développés et aussi dans les pays en développement. C’est donc une décroissance voulue et maitrisé par le peuple qu’il faut commencer à mettre en place à l’échelon local en favorisant l’usage plutôt que le consumérisme à tout crin. Créons le maximum de contre-pouvoirs constructifs avec une vraie démocratie horizontale (petites unités de fabrication autogérées, monnaies locales fondantes, Service d’Echange Libre -SEL-, AMAP, gestion citoyenne de l’eau et des déchets, etc.).

 

On peut rêver de révolution, de révolte comme dans les pays arabe. Certes, cette prise apparente de pouvoir par les citoyens est encourageante, mais cela va-t-il bousculer le système, c’est moins sûr lorsque l’on voit la prise en mains sous-jacente de la pensée unique qui tente de gérer à son profit la révolte de ces peuples. Pour le constater il suffit de regarder de regarder ARTE où l’on peut voir de petit spot présentant des pseudos révolutionnaires des pays arabes, il est évident que lorsque le système ultralibéral encadre de soi-disant révolutions c’est pour les diriger dans le sens de la pensée unique.

 

Que dire des élections, là c’est probablement à l’heure actuelle la solution la moins efficace pour basculer le système ; on a l’expérience de 1981 qui a basculé vers l’ultralibéralisme en 1983 faute de remise en cause véritable du système.

 

Reste alors le travail quotidien et formateur de « déformatage » des esprits, donnant la priorité à des initiatives locales et plus générales permettant d’atteindre la masse critique qui nous fera sortir du système. C’est un travail à long terme, mais qui sera le seul pérenne.

 

Une décroissance voulue des pays développés permettra aussi aux pays émergeants d’évoluer à condition qu’ils tiennent aussi compte qu’une croissance inconsciente les mènera aussi vers un stade de récession que connaissent leurs homologues développés.

 

Il faut sortir du capitalisme et ce sera alors au peuple de décider comment il veut ménager la planète afin d’y vivre en harmonie!

Par chayssac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 16:55

Limites des résistances « locales »

Point de vue sur le CRS de Fontenay-le-Comte

JM HOLIET, participant au CRS de Fontenay le Comte

« Plus [les lois] auront respecté les droits de l’indépendance personnelle et l’égalité naturelle, plus elles rendront facile la tyrannie que la ruse exerce sur l’ignorance… ».

« Sans doute il suffirait d’arracher aux chefs leurs masques perfides ; mais le pouvez-vous ?Vous comptez sur la force de la vérité ; mais elle n’est toutepuissante que sur les esprits accoutumés à en reconnaître, à en chérir les nobles accents ».

Condorcet, Premier mémoire sur l’instruction publique,1791.

Le projet central du Collectif de Résistance sociale de Fontenay le Comte est bien d’instruire ses concitoyens par ses actions « culturelles », ses engagements dans les luttes sociales et ses participations aux élections.

Instruire pour nous c’est informer, susciter les contributions, proposer, mettre en débat. Vaste programme pour quelques dizaines de militants dans un petit coin du Sud-Vendée.

La difficulté est grande mais nous avons la faiblesse de croire que ce travail est nécessaire donc qu’il faut le poursuivre avec nos petits moyens.

Il faut résister à l’affaissement démocratique en réactivant la participation des citoyens face à une oligarchie d’esprit aristocratique qui fait tout et à tous les moyens de convaincre le peuple qu’elle seule sait et peut définir l’intérêt général tout en justifiant ses prédations. La difficulté est grande car de plus en plus de citoyens pensent qu’ils sont incapables ou impuissants, définitivement souvent.

Il faut résister au grégarisme consumériste qui fait l’être social selon l’oligarchie détentrice des moyens du pouvoir. La difficulté est grande car nos propositions portent en elles une critique radicale du capitalisme libéral ; si une majorité de citoyens constate les éléments du désastre bien peu ose imaginer « autre chose », un autre possible. Deux exemples : comment imaginer qu’il est possible de gérer équitablement et durablement les ressources autrement que par le marché, c’est-à-dire par la peur entretenue des « augmentations » de prix et de la pénurie « inévitable » ? Comment mettre en oeuvre les solutions qui peuvent faire reculer le nombre d’humains souffrant de la faim quand le « marché » a totalement échoué.

Nos propositions se heurtent à une idée que l’oligarchie dirigeante a gravé dans les esprits : la démocratie s’arrête au seuil de l’économie. Nous assistons encore impuissants à la mise en place des lois qui garantissent les « droits de l’indépendance personnelle et de l’égalité naturelle ». Condorcet nous avertit que la tyrannie est en marche si personne ne s’occupe d’instruire les citoyens pour qu’ils puissent choisir librement leur destin en refusant la « guerre de tous contre tous » au profit de la solidarité qui assure la liberté de chacun, notamment celle de mettre leurs talents au service de tous les autres.

Si la tâche est immense et urgente on ne peut pas être complètement pessimiste quand on constante le nombre d’associations où les citoyens se saisissent des problèmes, proposent et souvent mettent en oeuvre des solutions. Le CRS a voulu faire émerger la cohérence de tous ces engagements et susciter la « densification » de la participation citoyenne, faire de la politique au sens premier du mot. De ce point de vue et pour l’instant, au niveau départemental, sa participation au Front de gauche est un échec en raison du refus des partis fondateurs d’en faire un forum fédérant les citoyens volontaires sur leurs propositions après débat. Là est notre limite… dans l’immédiat.

Pour l’avenir faut-il ne compter que sur les catastrophes disqualifiant les oligarchies au pouvoir pour qu’une majorité de citoyens reconnaissent dans nos analyses une grande part de vérité et dans nos propositions des pistes pour organiser un monde meilleur ?

Le mot « résistance » ne définit que partiellement l’action du CRS dans la mesure où il ne s’agit pas seulement de défendre ce qui a été construit depuis plus d’un siècle. Il a aussi toujours mis en débat ses analyses et interprétations des événements et ses propositions. Il s’agit bien de construire un autre possible répondant aux « nouveaux » problèmes en intégrant les solutions déjà pensées ou en gestation dans les esprits.

J’ai dit dans la contribution précédente l’impasse de la solution du Front de gauche sur le plan local au moins. On notera au passage que le CRS n’a jamais imaginé être le fédérateur de tous ces militants d’associations ou simples citoyens ayant le désir de participer à l’élaboration d’un projet et de s’engager pour le faire connaître. Nous pensions que le Front de gauche ne devait pas les laisser sur le bord de la route en restant une alliance entre partis qui conservent leurs stratégies propres en décidant au sommet des candidatures tout en pensant qu’il leur suffira de présenter leurs propositions pour susciter l’adhésion. En matière de renouvellement des pratiques de la démocratie on ne peut faire pire … et plus conservateur.

Certains dirigeants du PCF , dont on se demande s’ils ne sont pas atteints de paranoïa aiguë, ont vu dans cette conception du Front de gauche une négation du rôle des partis politiques et même une menace pour leur existence si on en juge par leurs réactions. La plus mauvaise langue du CRS a été jusqu’à dire qu’il s’agissait de paranoïa de type stalinien dont le symptôme est l’incompréhension et la peur de la pratique démocratique. Cette même mauvaise langue dit aussi haut et fort l’engagement et les capacités d’organisation des militants de ce parti et pour nombre d’entre eux leur contribution au débat.

Sur le plan local, le CRS et les idées qu’il défend me semblent bien identifiés par une part de la population de la ville et de ses environs immédiats.

Ses participants sont connus sinon reconnus par les militants des syndicats, des associations, voire des partis politiques par leur participation à certains débats intersyndicaux, à l’organisation des tractages et manifestations ; aussi par le relais que le CRS offre aux actions de nombreuses associations ( infos sur la liste, rézocitoyen et le blog).

Ses participants sont connus et reconnus par les actions nées de leur initiative. Parmi celles-ci : le forum 2005 sur le traité constitutionnel, la participation aux élections législatives de la circonscription en 2007 et 2008 puis aux européennes , régionales et cantonales, la conférence de G. Filoche sur la question des retraites en septembre 2010, les ciné-débats lancés depuis 2010. Il faut aussi signaler les lettres ouvertes ou communiqués de presse en direction des gens au pouvoir( municipalité PS de Fontenay-le-Comte et sa Com-Com et même majorité de droite-droite du département).

Pour autant les membres du CRS se sont peu préoccupés de mesurer leur influence sur le cours des choses sinon qu’ils ont été acteurs d’un succès en 2005 , des échecs de 2007(pas de candidat unique à gauche de la gauche) et de l’automne 2010. C’est souvent aussi que le CRS est en participation avec de nombreuses associations…

Cependant un fait majeur émerge nettement : le besoin de s’informer, d’exprimer son opinion, de proposer et de débattre des solutions existe chez bon nombre de nos concitoyens bien au-delà des « cercles militants ». On peut citer en exemples : le nombre de présents-participants à la conférence de G. Filoche puis à la vidéo qui en a été tiré, au ciné-débat sur « Usage et mésusage de l’eau » organisée dans la capitale vendéenne de la décroissance (Ste Christine de B.), aux différents autres cinés-débats, etc . . Nous avons la faiblesse de croire que ce que fait le CRS contribue a apporté quelques réponses à ce besoin qui, soit dit en passant, montre que l’affaissement de la démocratie peut être endigué.

La nécessité et l’urgence de fédérer pour peser sur le cours des choses se sont imposées surtout après 2007 . On sait l’impasse de la solution Front de gauche par la base, c’est-à-dire en faisant confiance aux multiples initiatives locales. Atteindre la « masse critique » semble bien difficile à court terme.

Le CRS continue donc sans statut, sans cotisation ni carte et forcément sans président ; un tel « machin » échappe encore à l’imagination de beaucoup et vit depuis neuf ans. Pourtant c’est simple:ordre du jour ouvert,liberté de parole, débat, liberté de s’engager dans les actions et vient qui veut. On y entend beaucoup de propositions novatrices et l’ambiance est nettement à « gauche de la gauche » sans exclusive…

Juillet 2O11

Par chayssac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 16:55

Puissances et limites des résistances locales

Par Caroline Buissou

Le local c’est l’horizon autour de chez soi, on y est spectateur et à la fois acteur.

On peut y rechercher d’autres alternatives, entre capitalisme et étatisme.

La résistance locale, germe, nait des citoyens, qui se mobilisent sur des idéaux émancipateurs, contre des injustices, contre la religion de la croissance, …

Elles permettent une reconnaissance du droit à la parole à tous, combinant ainsi savoir, experts, citoyens.

Les résistances locales font naître de vrais débats, pour la collectivité et encouragent le développement de la démocratie participative grâce à leurs rapports sociaux porteurs de sens, de convivialité, au sein de groupe à taille humaine.

C’est un des chemins pour réinvestir localement, l’économique, le culturel et le politique, en intervenant sur les municipalités pour qu’elles prennent en charge l’économie locale, dans le domaine de la vie quotidienne solidaire et respectueuse de l’homme et la nature.

Grâce à leurs différents panels, leur nombre croissant, elles deviennent un contre pouvoir, la voix du peuple, elles sont le chemin d’un autre possible à construire ensemble.

Les résistances locales, en étant dans la dénonciation mais aussi la proposition, essaient de penser sur le terrain, d’autres alternatives au capitalisme: (défendre l’accès à l’eau, à l’énergie, aux transports en commun, rappeler aux collectivités locales, qu’elles sont là pour satisfaire les besoins de tous et non pour le développement de profits, défendre la souveraineté alimentaire locale, respectueuse de son environnement), sont parmi les processus permettant une transition progressive à dimension humaine.

Pour cela, ces résistances locales, doivent faire exister le plus possible, une démocratie vivante dans toutes les couches de la population. Elles doivent se faire société de liens.

Elles sont limitées par le pouvoir politique local, la rigidité des institutions et l’économique.

Mais elles sont confrontées aussi à leurs propres limites, celles d’un réseau, qui tout en voulant s’adresser à la majorité, reste sélectif.

Comment les résistances locales peuvent elles faire reconquérir l’idée de citoyen au sens large et le goût pour l’intérêt politique?

L’épanouissement culturel est une des clés.

La décolonisation de l’imaginaire n’est pas encore assez regardée comme la voie qui redonnera du sens à la vie, qui dépolluera l’être de son système binaire: perte/profit

Par la voix de la culture, des pédagogies alternatives, du créatif, l’homme peut retrouver son humanité, réapprendre à penser seul, à sortir de l’esprit de compétition.

Il ne faut donc pas perdre de vue que les vrais changements viendront d’une évolution dans les comportements par une éducation appropriée à l’épanouissement et à la réflexion.

Il n’y a qu’une crise profonde du sens de l’existence qui remettra en cause le système capitaliste avant qu’il ne soit trop tard.

L’ensemble des réseaux, par leurs diversités, leur public, leurs actions, leurs engagements, leur association volontaire au sein de la société civile, contribue à faire vivre et à organiser une force démocratique, donc politique, et à encourager des bases de solidarités, qui construiront l’avenir.

Par chayssac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Le blog de crsfontenaylecomte.over-blog.com
  • Le blog de crsfontenaylecomte.over-blog.com
  • : vendée résistance collectif sociale fontenay politique
  • : Le Collectif de Résistance Sociale de Fontenay-le-Comte (ville du Sud Vendée) est né du mouvement social de mai 2003. D'abord comité de grève, issu des A.G de grévistes du public, il s'est élargi en direction du secteur privé, puis de manière générale à tous les citoyens engagés dans une démarche de progrès social et politique. A la fin du mouvement de mai 2003, il prend le nom de Collectif de Résistance Sociale, car nous sommes en Résistance contre le néo-libéralisme !
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés